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Article
Quand les mots disent les choses: Une archéologie linguistique de la dyade mère-enfant
Julien d'Huy
Cet article teste l’hypothèse selon laquelle certains patrons son/sens associés à « mère » et « sein » pourraient refléter une codiffusion très ancienne, héritée des premières migrations d’Homo sapiens et de la centralité de la dyade mère-enfant. Dans une perspective d’« archéologie linguistique », quatre traits phonotactiques sont examinés dans 2 959 langues (« mère ») et 7 322 langues (« sein ») issues des bases Lexibank et ASJP : [n]/[ŋ] et [na]/[ŋa] en initiale de « mère » ; [mu] et [amu] pour « sein ». Leur distribution est évaluée via des analyses spatiales (Moran I, z-scores sur grilles 2°×2°, permutations aléatoires, distances orthodromiques). Les résultats révèlent une structuration non aléatoire pour [n]/[ŋ] et [mu], avec des foyers en Afrique, Asie du Sud, Insulinde, Mélanésie et Australie, soit des zones concordant avec les routes australes des premières dispersions d’homo sapiens. Les formes [na] et [amu], plus localisées, apparaissent comme des archaïsmes régionaux. La forte cooccurrence géographique entre [n]/[na] et [mu], contrastant avec la diffusion restreinte de [amu], suggère un noyau lexical ancien liant « mère » et « sein », non réductible aux seuls biais articulatoires. Sans postuler de protolangage, l’étude montre que l’aréologie linguistique permet d’identifier des traces fossiles d’une structuration culturelle précoce autour de la dyade mère-enfant, offrant un appui partiel à l’hypothèse d’une unité culturelle initiale diffusée avec les premières sorties d’Afrique d’Homo sapiens.
Publié le 16 janvier 2026
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Article
L’apport des invariants sociaux à l’apprentissage du travail social: Une analyse des perceptions étudiantes en première année de formation en assistant social
Vincent La Paglia
Cette recherche interroge la place et la fonction des savoirs sociologiques dans la formation au travail social, en particulier à travers l’enseignement des invariants sociaux proposés par Bernard Lahire (2023). Ces concepts, susceptibles d’éclairer les structures fondamentales du social, sont étudiés ici quant à leur réception et leur utilité perçue par des étudiants en première année du bachelier en assistant social à la Hénallux (Namur, Belgique). L’étude adopte une approche mixte : un questionnaire administré à 77 étudiants, analysé par des statistiques descriptives et des tests de corrélation, est complété par huit entretiens menés avec des étudiants et deux entretiens avec des enseignants soumis à une analyse thématique avec un double cycle de codage. Les résultats mettent en évidence trois fonctions majeures des invariants : (1) le décryptage des situations impliquant les usagers, (2) une compréhension complexifiée, et (3) la capitalisation de solutions pour agir sur les vulnérabilités du public. En sus, deux plus-values spécifiques émergent des invariants sociaux : leur puissance explicative en tant que concepts généraux permettant d’élucider des phénomènes sociaux tout en favorisant, par leur variation contextuelle, une interprétation nuancée des situations rencontrées en intervention sociale, et la portée inter/transdisciplinaire des invariants. Si une minorité d’étudiants conserve une posture de méfiance face aux savoirs théoriques, la qualité relationnelle et pédagogique de l’enseignement apparaît comme un levier déterminant d’appropriation. Malgré quelques limites mentionnées, l’étude conclut à la pertinence des invariants comme outils intégrateurs, articulant intelligibilité sociologique, réflexivité et intervention professionnelle.
Publié le 16 janvier 2026
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Article
Explorer les hiérarchies d’âge dans le vivant: La domination adulte chez les primates
Gabriel Allegret
Cet article propose d’étendre l’étude de la « loi de la succession hiérarchisée » proposée par le sociologue Bernard Lahire au-delà de l’espèce humaine, en s’intéressant aux primates non-humains. Il défend la nécessité d’étendre l’investigation de l’architecture nomologique définie dans les Structures fondamentales des sociétés humaines à d’autres espèces animales et suggère le recours à une méthode de « taxonomie inductive » pour identifier des lois et des invariants applicables à différents niveaux taxonomiques (espèce, genre, famille, ordre, classe, embranchement et le règne). En se basant sur une synthèse de la littérature en primatologie et en éthologie, cette contribution montre que l’état actuel des recherches suggère que cette loi « de la succession hiérarchisée » et la domination adulte sont des invariants transespèces qui concernent toutes les espèces de la famille des Hominidae et possiblement toutes celles de l’ordre des primates (voir des mammifères). Des recherches futures pourront approfondir 1) l’étude des dominations liées à l’âge entre juvéniles d’une part et entre adultes d’autre part ; 2) la distinction entre la domination par antériorité d’âge et antériorité de présence (sur un territoire donné) et 3) les divergences entre domination adulte par la domination par l’antériorité (en prenant en compte la domination subie par les individus âgés). Enfin, de futurs travaux sur les dimensions culturelles et les formes de résistances des jeunes primates contre la domination adulte sont également nécessaires.
Publié le 16 janvier 2026
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Article
Rubio Clémentine, 2022, L’enseignement du français en Palestine, d’après les archives diplomatiques du Consulat de France à Jérusalem: Éditions Lambert-Lucas, Paris, Limoges, 262 p.
Chantal Verdeil
Publié le 16 janvier 2026
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Article
Radler Dana & Toma Cristina-Alice (dir.), 2024, Panait Istrati. Arhiva de la Siguranță / Panaït Istrati. Archive de la Sigourantza (1922-1942): Ediție bilingvă / Édition bilingue, Presa Universitară Clujeană, Cluj-Napoca, 616 p.
Vladimir Crețulescu
Publié le 16 janvier 2026
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Article
Les structures fondamentales des sociétés préhistoriques: À propos des Structures fondamentales des sociétés humaines de Bernard Lahire et de leur utilité en préhistoire
Anne Augereau
Bernard Lahire montre dans Les structures fondamentales des sociétés humaines que deux contraintes biologiques – la procréation sexuée et l’altricialité prolongée – façonnent durablement les organisations sociales humaines. Elles génèrent des rapports de dépendance et de domination, complétés par des invariants sociaux (parenté, division du travail, hiérarchies d’âge, transmission culturelle) qui structurent toutes les sociétés tout en laissant place à d’importantes variations culturelles. Pour la préhistoire, ce cadre fournit un outil essentiel : face à des données lacunaires, il permet de resserrer les hypothèses et d’ancrer les analyses dans les continuités du vivant. L’ouvrage éclaire également l’origine structurelle de la domination masculine, sans nier la capacité des sociétés humaines à en moduler ou dépasser les effets. En offrant une « carte » des invariants sociaux, Lahire apporte ainsi un appui théorique majeur aux recherches préhistoriques.
Publié le 16 janvier 2026
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Article
Biologie et sciences humaines: Le point de vue d’un biologiste de l’évolution sur le livre de Bernard Lahire
Étienne Danchin
À mes yeux, le livre de Bernard Lahire, Les Structures fondamentales des sociétés humaines (2023), est un magnifique plaidoyer en faveur de la transdisciplinarité, démarche que je trouve absolument essentielle pour permettre à toutes les sciences, quelles qu’elles soient, de continuer à nous faire progresser dans la compréhension de l’univers qui nous entoure. Cela étant dit, je partage ici quelques réflexions qui m’ont traversé l’esprit en lisant ce magnifique ouvrage, en lien avec ma propre démarche de synthèse dans le domaine de la biologie. La première réflexion que j’aborde ici vise à soutenir la démarche transdisciplinaire adoptée par Bernard Lahire. Ensuite, je propose deux réflexions concernant l’importance des lois générales interdisciplinaires. Ma quatrième réflexion est en continuité avec les précédentes, et concerne le travail nécessaire sur un vocabulaire commun pour favoriser la synthèse entre les disciplines. Enfin, je fais le lien avec un sujet important des sciences humaines : l’origine des inégalités, sujet bien entendu abordé par Bernard Lahire dans son livre. Mon objectif ultime est de rappeler à quel point la biologie et les sciences humaines sont liées dans la mesure où elles portent toutes les deux sur la compréhension du vivant ce qui les conduit à partager de nombreux concepts et principes.
Publié le 16 janvier 2026
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Article
Sortir de la grotte pour mieux y rentrer : à la recherche d’invariants
Romain Pigeaud
La pensée de Bernard Lahire est extrêmement motivante, car elle permet d’articuler le social avec le vivant, d’identifier des « lignes de force » et des « lois » qui autorisent la création d’un langage scientifique dépassant les simples descriptions et qui nous préserve des discours généraux trop déconnectés du réel. Est-il possible de faire un saut considérable dans le temps et de les appliquer à des époques sans trace écrite, dont nous ne connaissons pratiquement rien ? Voici un nouveau chemin à défricher, dont nous présentons ici les premiers coups de serpette, encore maladroits sans doute.
Publié le 16 janvier 2026
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Article
Ambiguïté du rire pour faire une société humaine
Kiyonobu Date
Cet article explore les fonctions sociales ambivalentes du rire à travers une approche interdisciplinaire combinant la sociologie, l’éthologie, l’anthropologie, la psychologie du développement, voire les études de genre et la technologie. Il analyse les dimensions évolutives, normatives, critiques et culturelles du rire humain. Il montre ainsi que le rire constitue une pratique sociale fondamentale, à la fois vecteur d’inclusion et de sanction, voire de subversion et de créativité relationnelle.
Publié le 16 janvier 2026
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Article
Lois d’évolution générales et lois d’évolution interne des sociétés: Une lecture croisée de Bernard Lahire et Alain Testart
Elie Aslanoff
Dans son ouvrage Structures fondamentales des sociétés humaines, Bernard Lahire renoue avec la vocation originelle des sciences sociales : découvrir les lois qui gouvernent les sociétés humaines. Mais, alors que les fondateurs des sciences sociales ont surtout cherché à dégager des lois propres à un type de société donnée, Bernard Lahire préfère s’intéresser aux lois valables universellement. Cet article interroge la possibilité d’articuler ces deux perspectives de recherche. Il tente de saisir la manière dont les lois d’évolution internes aux sociétés se rapportent aux lois d’évolution générales telles que les dégage Bernard Lahire. Pour cela, il fait dialoguer le travail de Bernard Lahire avec celui d’Alain Testart, l’un des auteurs récents qui a donné les pistes les plus sérieuses pour identifier des lois spécifiques à des sociétés données. Ce dialogue montre qu’une des grandes clefs de compréhension du problème réside dans la jonction entre la loi d’objectivation cumulée (loi générale) et les lois de concentration des droits sur les hommes (qui sont spécifiques aux différents types de société).
Publié le 16 janvier 2026
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Article
Matière, énergie, humanité: L’anthropologie contre l’entropie
Boris Lelong
Cet article s’inscrit dans le prolongement des travaux récents de Bernard Lahire appelant à refonder les sciences sociales sur un socle unifié incluant les sciences du vivant. Cette unification est ici abordée du point de vue de l’anthropologie, définie comme science générale de l’espèce humaine et nécessairement adossée aux sciences naturelles dont elle dépend pour comprendre l’émergence biologique, cognitive et sociale d’Homo sapiens. L’argumentation s’appuie sur la physique des systèmes complexes pour rappeler que le vivant, en tant que système ouvert, s’oppose à l’entropie en développant des structures complexes qui traitent de l’information pour s’auto-organiser, dont les sociétés humaines représentent aujourd’hui la forme la plus sophistiquée. L’articulation systématique de trois niveaux du réel – matière-énergie, information, réflexivité – permet de montrer que la singularité humaine réside moins dans une rupture ontologique que dans un approfondissement extrême des capacités informationnelles propres au vivant, culminant dans la réflexivité scientifique.L’anthropologie apparaît ainsi comme discipline charnière, capable d’articuler l’étude des systèmes sociaux complexes avec la compréhension naturaliste du vivant, et de fournir un cadre conceptuel pertinent pour penser les interdépendances entre biosphère et anthroposphère.La « science sociale du vivant » proposée par Bernard Lahire trouve dans cette perspective élargie une assise conceptuelle supplémentaire : l’unification des sciences humaines et des sciences naturelles ne relève pas seulement d’un projet programmatique, mais d’une nécessité existentielle inhérente à la place de l’humanité dans le continuum matière-énergie-information.
Publié le 16 janvier 2026
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Article
Sur l’effet réversif de l’évolution: Une brève réponse à Bernard Lahire
Patrick Tort
Le concept d’effet réversif de l’évolution, introduit par Patrick Tort dans les études darwiniennes en 1983, a profondément bouleversé un grand nombre d’idées reçues à propos de Darwin et de sa vision du processus de civilisation. Dans La Filiation de l’homme de 1871, ce dernier explique en effet avec la plus grande clarté que, s’exerçant puissamment sur les instincts sociaux et les capacités rationnelles, la sélection naturelle sélectionne la civilisation, qui s’oppose à la dynamique éliminatoire (désormais archaïque) de la sélection naturelle en s’efforçant de transformer le milieu humain en auxiliaire de survie.
Publié le 16 janvier 2026
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Article
Pecqueux Anthony, Poupin Perrine et Vuillerod Jean-Baptiste (coord.), « Tracés », hors-série no 22 : « L’interdisciplinarité “en effet” : sciences sociales, sciences naturelles »
Camille Robert-Boeuf
Ce numéro, structuré autour d'une introduction écrite par les coordinateurs du numéro, de cinq articles interdisciplinaires et de deux entretiens, propose une analyse riche et essentielle portant sur l'interdisciplinarité entre les sciences sociales et les sciences naturelles et la manière dont cette interdisciplinarité fait « face à la question écologique ».
Publié le 6 novembre 2024
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Article
Badrinathan Vasumathi, Pejoska-Bouchereau Frosa, Racine Odile, Szende Thomas (dir.), « Médier entre langues, cultures et identités : enjeux, outils, stratégies. Mediating between languages, cultures, identities: challenges, tools, strategies »: Éditions des archives contemporaines (Coll. Plidam), 2022
Olivera Mladenov
Cet ouvrage propose des approches riches et nuancées de la médiation interculturelle et linguistique. Il met en lumière le rôle fondamental des médiateurs dans notre monde de plus en plus divers et connecté.
Publié le 6 novembre 2024
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Article
William A. Ewing et Holly Roussel, « Civilization : Quelle époque ! », 2021
Madalina Vartejanu-Joubert
The Way We Live Now : tel est le sous-titre original de l’exposition Civilization qui a donné lieu à ce catalogue. L’objectif poursuivi est de rendre visibles les travers majeurs de notre civilisation et notamment l’incapacité de l’humanité à « appuyer sur le frein ».
Publié le 6 novembre 2024
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Article
Vladimir Crețulescu, « Ethnicité aroumaine, nationalité roumaine : la construction discursive d’une identité nationale (1770-1878) »: Paris, L’Harmattan, 2021
Nicolas Pitsos
Dans cet ouvrage, Vladimir Crețulescu s’attelle à étudier une des questions centrales du champ des études aroumaines, en rapport avec l’identité nationale des Aroumains.
Publié le 6 novembre 2024
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Article
Iulian Bocai, « Filologii. Instituționalizarea studiului literar în Europa » [Philologies. L’institutionnalisation des études littéraires en Europe]: Bucarest, Editura Tracus Arte, 386 pages, 2020, en roumain
Alexandru Bumbas
Le volume que présente Iulian Bocai tente de répondre à une question vertigineuse : quel type de pensée est la pensée philologique ?
Publié le 6 novembre 2024
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Article
Une nouvelle nouvelle histoire de l’humanité. Une lecture de « Au commencement était… » de David Graeber et David Wengrow
Thibaud Lanfranchi
À la fois réaction à une sur-spécialisation des sciences humaines et sociales en général, et réponse à un désir du public, les grandes fresques de l'histoire humaine se sont multipliées ces dernières décennies. La parution en 2021 du livre « Au commencement, était… » de David Graeber et David Wengrow est venue s'ajouter à ces productions en prétendant déconstruire les grands récits existants et proposer une approche radicalement neuve des origines de nos sociétés.
Publié le 6 novembre 2024
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Article
Indigenous languages: use and attitude in anglophone and francophone Cameroon
Liliane Hodieb
C’est un truisme de dire que le colonialisme a eu un impact terrible sur les langues indigènes africaines. Au Cameroun, où plus de 250 langues sont parlées, la situation est plus complexe, le pays ayant été partagé entre les puissances coloniales française et britannique. Le système de gouvernance mis en place à l’époque coloniale était différent d’une région à l’autre : les Britanniques ont opté pour un « Indirect rule » qui encourageait les populations indigènes à se gouverner elles-mêmes, tout en suivant les instructions données par les autorités britanniques, le système français plus strict, suivait une politique d’assimilation. Dans ces conditions, l’attachement tant individuel que collectif aux langues indigènes s’est considérablement réduit, surtout dans la partie francophone du pays. Après la proclamation de l’indépendance en 1960, les deux Cameroun se sont réunifiés en 1961, avec l’anglais et le français comme langues officielles. Cependant, même plus d’un demi-siècle plus tard, le spectre colonial demeure. Deux enquêtes ont été menées (2019 et 2020) auprès des jeunes camerounais anglophones et francophones, sur l’utilisation de la langue et l’attitude à l’égard de la langue. Elles révèlent une nette dichotomie qui reflète le modèle colonial. En effet, les enquêtes montrent un attachement beaucoup plus grand aux langues indigènes chez les anglophones, ce qui se traduit par un maintien soutenu des langues indigènes dans le cercle familial, alors que les dans le cercle familial, alors qu’elles cèdent de façon inquiétante la place à la langue française dans les foyers francophones. Les résultats des enquêtes sont discutés à la lumière de la théorie de l’identité sociale.
Publié le 6 novembre 2024
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Article
L’Indo-Pacifique comme objet d’études en relations internationales : lectures comparées sur la production scientifique aux États-Unis et en Chine
Gauthier Mouton
Cet article consiste en une analyse comparée de la production en sciences sociales ayant l’Indo-Pacifique comme objet d’étude, spécifiquement dans le champ des relations internationales (RI) entre deux pays : les États-Unis et la Chine, acteurs centraux dans cette région. L’objectif est donc d’identifier et de définir les principales orientations thématiques dans les académies nationales américaine et chinoise depuis quinze ans ; la production scientifique sur l’Indo-Pacifique étant appréhendée comme un récit politique. Ainsi, par l’utilisation des données issues de travaux académiques dans ces deux pays, se concentrant sur les articles en RI, il s’agit de mettre en lumière le référentiel scientifique de traditions nationales. Il apparaît que les distinctions entre ces « traditions » demeurent floues, celles-ci étant d’ailleurs traversées par différentes approches en leur sein. Selon les contextes étudiés, les rapports entre la communauté scientifique et le monde politique peuvent varier considérablement. Toutefois, s’il existe des divergences irréductibles dans la manière dont les chercheurs analysent les défis transverses en Indo-Pacifique, la comparaison entre la littérature scientifique et l’expertise produites dans les universités aux États-Unis avec celle produites en Chine offre un éclairage pertinent sur les influences mutuelles des scènes académiques nationales des sciences sociales, spécifiquement en relations internationales.
Publié le 6 novembre 2024
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